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Dune : Les séries télé

A ce jour, il existe trois adaptations télévisuelles de Dune. Deux mini-séries passables, Dune et Les Enfants de Dune ; et une série long format de très grande qualité, Dune : Prophecy.

Dune

En 2000 et en 2003, la chaîne Syfy (à l’époque Sci-Fi Channel) produit et diffuse deux mini-séries comportant chacune trois épisodes de 90 minutes. Frank Herbert’s Dune transpose le premier roman du cycle de Frank Herbert. De son côté, Les Enfants de Dune adapte en fait les deux livres suivants : Le Messie de Dune et, donc, Les Enfants de Dune.

Parce qu’elles couvrent la moitié de la saga, on peut dire que ces deux productions restent encore aujourd’hui les adaptations qui offrent l’aperçu le plus riche de Dune. Sans compter qu’elles sont fidèles au matériau d’origine, elles ont l’avantage de leur format : leur durée leur permet de développer correctement l’univers, ses enjeux dramatiques, ses thématiques – politiques, économiques, sociales, religieuses –   et ses personnages.

Cela étant, il faut bien reconnaître que l’esthétique souffre de vraies faiblesses. Ce qui est manifeste dans Frank Herbert’s Dune. Sa direction artistique fait le choix d’une réalisation théâtrale : les intérieurs sont privilégiés, en partie pour des raisons de budget limité ; et ces intérieurs sont plutôt réussis, le jeu de lumière donnant une certaine ampleur aux décors et un aspect concret au monde. En revanche, les extérieurs, quasi inexistants, sont repoussants. Les CGI sont vraiment de basse qualité. S’il y a des visions SF fascinantes, les incrustations et les effets 3D sont globalement ratés. Certains aspects sont ridicules, donnant l’impression d’une série B, voire Z. Le jeu des acteurs et des actrices n’est pas franchement convaincant. Celui de William Hurt, qui incarne le Duc Leto Atreides est plat ; celui d’Alec Newman, pas assez puissant pour son rôle de Paul. A côté de cela, on saluera l’effort de recherche sur les costumes qui distinguent les peuples et les Maisons. Le spectacle n’est toutefois pas saisissant : à défaut, il distille le mystère d’un univers qui n’en manque pas.

Avec Les Enfants de Dune, on se retrouve face à la même formule. Les effets spéciaux ont peut-être légèrement gagné en qualité, mais l’ensemble reste assez faible. Les intérieurs, les costumes, sont toujours bien travaillés, suffisamment pour insuffler la théâtralité requise pour les nouveaux développements dramatiques.

Le basculement conceptuel que représente Le Messie de Dune est bien montré. L’horreur de la guerre sainte, la tyrannie d’un sauveur, les violences qu’elles engendrent, tout ce qui constitue finalement un anti-héroïsme ressort avec force ; et ce, malgré un Alec Newman toujours aussi peu convaincant en Paul Atréides.

De son côté, la partie qui adapte proprement Les Enfants de Dune offre une nouvelle vue de l’univers de Dune. L’après Muad’Dib, son empire effondré, sa sœur devenue une abomination et ses neveux, les jumeaux Leto et Ghanima, qui doivent lutter contre les souvenirs qui hantent le présent. Politique, génétique, mort et vie se mêlent dans un étrange ballet. Là encore, c’est l’œuvre d’Herbert, ici respecté, qui donne une vraie dimension, plus que le spectacle qui manque toujours de souffle. Cela dit, on se réjouit de découvrir une Susan Sarandon visiblement ravie d’être une méchante et un tout jeune James MacAvoy.

Dune : Prophecy

Il faudra attendre plus de 20 ans pour revoir Dune sur petit écran. Denis Villeneuve est passé par là et le succès de ses films au cinéma a permis d’ouvrir de nouvelles perspectives. Osons même le dire : produire du jamais vu. La série Dune : Prophecy, diffusée à partir de 2024, s’intéresse en effet à l’univers étendu de Dune. Elle adapte La Communauté des Sœurs, le premier roman du cycle Dune, les origines coécrit par Frank Herbert et Kevin J. Anderson.

Dune : Prophecy dévoile les origines du Bene Gesserit, ce mystérieux ordre composée exclusivement de femmes. Un choix doublement pertinent. Le Bene Gesserit est une composante fascinante de l’univers de Dune et notre époque est prête pour accueillir des récits fantastiques où la gent féminine a un rôle prédominant.

10000 ans avant la naissance de Paul Atréides, un siècle après une guerre contre les machines intelligentes qui a mené les humains à la liberté, une nouvelle société s’est édifiée. Des factions ont émergé, les luttes de pouvoir s’intensifient autour de Dune et son Epice ; déjà, encore, toujours. Le Bene Gesserit œuvre, dans l’ombre, l’ordre fourbit ses plans, en tâchant d’éviter un obscur danger. En découvrant les enjeux, on apprend incidemment les raisons de la haine qui oppose les Atréides et les Harkonnen. Car saviez-vous que l’ordre Bene Gesserit a été fondé par une ancêtre de cette dernière Maison ? Une certaine Valya Harkonnen… on n’en dira pas plus.

Dune : Prophecy offre un spectacle captivant, qui mêle politique, mysticisme et génétique. L’ensemble est intellectuel et divertissant. Certes, il y a des lenteurs dans la narration et plus de discours que d’actions, mais la proposition est intrigante et entraînante.  L’exposition du monde peut paraître parfois obscure : les stratégies, les prophéties, la technologie et le mysticisme, tout cela est relativement abscons. Cela dit, on aurait tort de ne pas consentir à l’effort. Dune : Prophecy est une série de science-fiction visuellement réussie et rafraîchissante dans le genre.

Alexis Deville Cavellin

Né la même année que le blockbuster, enfant dans les années 80, j'ai vécu l'émergence des jeux vidéo et des jeux de rôles en France, des divertissements qui ont façonné ma vie et ma carrière professionnelle. S'ajoute à cela un goût prononcé pour le cinéma, la littérature et la bande dessinée (BD franco-belge, mangas, comics). Pendant 25 ans, de 2000 à 2025, j'ai été journaliste et rédacteur en chef dans l'audiovisuel, ayant la charge d'émissions diverses et ayant produit des contenus variés pour les chaînes de télévision Game One, J-One et Paramount.

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