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Test – Monster Hunter Stories 3 : Twisted Reflection

En 2016, Capcom créait la surprise avec Monster Hunter Stories. Un spin-off à la proposition audacieuse. Le titre transformait la formule de la série de jeux de rôle à succès et offrait une nouvelle vision de son univers. L’aventure ne se résumait pas qu’à une traque de monstres : c’était également une chasse aux œufs à dos de dragon. L’action en temps réel était quant à elle remplacée par des combats au tour par tour. 10 ans plus tard, Monster Hunter Stories a fait son nid : la saga a évolué, elle s’est améliorée et est même arrivée à maturité. Twisted Reflection, son troisième épisode, est de loin plus ambitieux de tous. Le plus abouti aussi. Un RPG sublime et mémorable.

UN MONSTER HUNTER ACCESSIBLE

Monster Hunter est jeu de rôle exigeant. Il faut s’y acclimater. Assimiler un grand nombre de données. Maîtriser les subtilités. Pour espérer au final profiter pleinement du divertissement : la chasse aux monstres. Depuis sa naissance en 2004, la licence a toutefois évolué, cherchant à se rendre plus abordable. Monster Hunter Wilds, le dernier né de la série principale, est l’aboutissement de cette démarche. Plus dynamique, plus interactif, plus immersif, plus sympathique, pour tout dire plus accessible et engageant, Monster Hunter Wilds fait un réel effort pour élargir son public. Le titre a beau être spectaculaire et motivant, son cousin Monster Hunter Stories 3 offre définitivement une voie d’accès plus séduisante pour découvrir et apprécier l’univers créé par Capcom.

UN JOLI TERRAIN DE CHASSE

La réalisation graphique, soignée et colorée, charme avec son aspect dessin animé. Apparue sur 3DS, la série de spin-off a évidemment gagné en qualité plastique avec le temps et les adaptations sur différents supports. Avec Twisted Reflection, son esthétique atteint son apogée. On peut faire enfantin et avoir les allures d’un grand : ce troisième épisode le prouve.

Les décors varient des biomes aux ambiances agréables et bien marquées. On voyage avec un certain plaisir à travers des plaines verdoyantes aux accents champêtres, des forêts exotiques, des monts pierreux, des déserts sablonneux, jusqu’aux cimes enneigés abritant les ruines d’une cité antique. Si on peut être ravi par la présence de verticalité à certains endroits, en revanche, il est regrettable de constater un traitement inégale entre les quatre régions proposées : elles n’ont pas toutes été développées avec le même soin, certaines étant plus petites, d’autres moins mémorables. L’environnement n’est pas peaufiné dans ses moindres détails mais il se présente comme un tout cohérent, duquel se dégage une impression globale de justesse. L’ensemble reste harmonieux, le sons et les musiques, dont certains thèmes sont reconnaissables, ne dénotant pas.

EN SELLE POUR PRÉSERVER L’ENVIRONNEMENT

La scénarisation assure l’immersion et permet de ne jamais être dérouté. L’histoire reste basique, mais elle est entrainante. Dans un monde qui se meurt sous l’effet d’un étrange phénomène de cristallisation, deux nations, Azuria et Vermeil, s’affrontent. Un jeune prince ou une jeune princesse part avec un groupe de fidèles compagnons en quête de réponses au-delà de son royaume, vers des terres interdites, pour éviter une guerre destructrice et l’effondrement de la Nature. Ce récit simpliste mais porteur d’un discours écologique et de valeurs morales positives se suit volontiers. Il permet de poser les bases d’une aventure dont le fil conducteur est  le sauvetage d’espèces en voie d’extinction et le rétablissement d’écosystèmes riches et équilibrés.

Sur ce dernier point, relevons une évolution bienvenue : la restauration d’habitat. Repeupler la carte permet de dévoiler des monstres et d’augmenter leur force. Il s’agit d’éliminer les menaces, des monstres invasifs, de réintégrer des espèces en voie de disparition, puis d’augmenter le rang de la zone pour obtenir les créatures les plus puissantes. C’est simple, stimulant et au fond très sain. Avec la satisfaction évidente de pouvoir aspirer à constituer une fière troupe de monstres à son service.

Car l’un des grands principes de Monster Hunter Stories repose sur la collection de monstres, plus précisément de Monsties, des êtres fantastiques dont on chasse les œufs dans des tanières, pour les faire éclore et donner naissance à des montures que l’on peut chevaucher. Ce n’est pas pour rien que vous et vos allié(es) êtes des Riders. Les Monsties gagnent de l’expérience, des niveaux et des capacités, utiles pour l’exploration et les combats. Qui a dit Pokémon ? Grossièrement, oui. Précisément, non. C’est un peu plus complexe que cela.

L’ART DU COMBAT

Le affrontements sont évidemment légion. Monster Hunter Stories 3 reste un jeu de rôle et d’action. Mais pas question de charcutage. Les rencontres armées sont des spectacles pyrotechniques impressionnants. Techniquement, c’est du tour par tour et basé sur du pierre-feuille-ciseau. On choisit la force, la technique ou la vitesse, pour opposer la bonne attaque à son adversaire. S’ajoutent des frappes synchronisées et des combinaisons dévastatatrices avec les monsties, interchangeables à tout moment. Enfin, un personnage non-joueur, doté de son propre Monstie, vous seconde, apportant une aide réelle. C’est simple, mais pas simpliste ; c’est certes répétitif, mais efficace.

Cela dit, la mécanique de jeu est plus subtil qu’il n’y parait. Au trois techniques d’attaque s’ajoutent les éléments des armes, des monstres et des armures : feu, eau, foudre, glace, dragon ; ainsi que des effets secondaires possibles, poison, paralysie, sommeil. Sans rentrer dans tous les détails, on comprendra aisément que le système est riche, même si on peut le simplifier en un mot : optimisation. Un concept finalement cohérent avec la proposition d’un jeu de rôle.

Pour bien s’en sortir, il faut forger ses armes et ses armures, les faire évoluer, récolter des ressources, les combiner. Un autre principe clef de la saga, là encore introduit délicatement. Ensuite, il faudra varier ses équipements, ses monsties et même ses allié(es) en fonction de l’adversaire. Rien d’insurmontable pour finir l’histoire principale. A condition d’ajouer une composante essentielle : la bonne gestion des Monsties.

MONSTER PARK

Comme évoqué avant, la restauration d’habitat permet de développer tout le potentiel des monstres. Non seulement d’en obtenir les versions les plus puissantes. Mais également de favoriser l’apparition d’espèces hybrides, à deux éléments, via des mutations. S’y ajoute la génétique, une option inédite. Il est possible de manipuler les gènes des monstres, les changer de place dans leur chaîne ADN ou carrément de les remplacer, en leur transmettant les gènes de n’importe quel autre monstre.

Cet exercice de savant fou est trépidant, il ajoute un charme puissant et envoûtant à l’expérience de jeu. Loin d’être rébarbative, comme on s’y attendrait en voyant les longues listes de gènes et de capacités, la manipulaton génétique est captivante et simple. En apparence scolaire, elle est tout le contraire : libre et porteuse de créativité. En testant les combinaisons, on découvre des associations surprenantes ; en mariant les gènes, on crée des bingos, qui améliorent les capacités des Monsties. C’est une autre voie, ludique et astucieuse d’augmenter sa force, en rompant un peu le schéma de progression classique.

UN EXCELLENT RPG

Monster Hunter Stories 3 est l’aboutissement d’une formule grisante qui réunit aisément les enfants et les adultes autour de l’univers créé par Capcom. Si le décor méritait d’être étoffé, il reste séduisant ; de leurs côtés, les affrontements délivrent un véritable spectacle. Les mécanismes sont solides, les innovations réelles, bienvenues et enthousiasmantes. L’aventure est fournie, avec une histoire principale classique mais bien menée, nourrie de superbes cinématiques, et qui occupe des heures durant. S’y ajoutent des récits et des missions secondaires qui manquent par contre d’envergure : ils ont au moins le mérite d’exister et de forcer un peu à l’exploration, tout en contribuant à leur manière à l’augmentation de puissance et l’acquisition d’objets d’équipement. On ne saurait toutefois nier l’évidence : le principal demeure, le plaisir est là… et même au-delà, ailleurs, exactement où voulaient nous emmener les développeurs, c’est-à-dire vers une expérience renouvelée, faite de maturité, de profondeur et d’une certaine exigence – loin d’être insurmontable néanmoins – si l’on veut en profiter pleinement. Monster Hunter Stories 3 : Twisted Reflection est tout simplement un excellent jeu de rôle.

Monster Hunter Stories 3 : Twisted Reflection – PC / XBOX SERIES / PS5 / Switch 2 – Capcom – 12 +

Alexis Deville Cavellin

Né la même année que le blockbuster, enfant dans les années 80, j'ai vécu l'émergence des jeux vidéo et des jeux de rôles en France, des divertissements qui ont façonné ma vie et ma carrière professionnelle. S'ajoute à cela un goût prononcé pour le cinéma, la littérature et la bande dessinée (BD franco-belge, mangas, comics). Pendant 25 ans, de 2000 à 2025, j'ai été journaliste et rédacteur en chef dans l'audiovisuel, ayant la charge d'émissions diverses et ayant produit des contenus variés pour les chaînes de télévision Game One, J-One et Paramount.

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